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Février 2012

 

La femme et l'ours
(Éd. Grasset)
 

Philippe Jaenada sera :

- Au Salon du Livre de Paris, le 19 mars
(14h30-15h30, Stand Grasset)
- Aux
Escales de Binic les 24 et 25 mars
 

Revue de presse

 

Le blog photo des lecteurs de
La femme et l'ours

 

A découvrir :
Deux extraits de La femme et l'ours

 

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L’automne romanesqueLa femme et l'ours  

La femme et l’ours parle de quelques femmes, mais peu d’ours (même si le narrateur n’est qu’un très lointain cousin de la libellule ou du lapereau). C’est un roman sur la fin des illusions, la déconfiture, la dégringolade, la malchance et le cafard. (Ça donne envie, non ?) C’est un roman sur la pesanteur, sur tout ce qui tombe. C’est le titre que j’avais d’abord choisi, d’ailleurs, Tout ce qui tombe – mais ni ma femme ni mon éditeur n’aimaient, donc je n’ai pas moufté, je ne suis pas fou. (J’avais aussi pensé à Drames, malheurs et destins brisés, mais ça peut rebuter les moins solides.)
L’histoire, c’est celle d’une chute en spirale. La chute douloureuse du narrateur au fond du gouffre, entourée, accélérée par des ribambelles de chutes voisines, parallèles ou concentriques : celle d’un poivrot désenchanté qui n’a pas de bol, vit dans une cave mais tombera plus bas, celle du plus grand joueur de poker de tous les temps, d’une spéléologue trop portée sur les expériences, d’une jeune femme, au Moyen-Age, malheureusement kidnappée par un ours (d’où le titre), d’un petit trapu qui ne s’est jamais remis de son amour d’enfance, et d’une vieille femme figée dans l’attente de son infirmière. (Espoir et gaieté sont bien au rendez-vous, donc.) Et au milieu, la chute du brave narrateur, qui quitte femme et enfant, qui fuit vers le bas parce qu’il n’y a pas trente-six issues, qui court après une belle fille stupide à gros seins, cheveux longs et courte jupe, puis traverse la France en piqué et s’écrase à Monaco dans une flaque de sang. En morceaux. A ce moment-là, bien sûr, c’est sordide. Quand on est libraire, qu’on doit se taper des brouettes et des brouettes de livres avant la rentrée, on se dit qu’on n’a pas besoin de ça, on a sa dose de misère. Mais d’une part il fait beau, chaud, c’est encore l’été : tout étant une question d’équilibre, dans la vie, on peut se permettre à cette époque quelques écarts sans conséquence vers le malheur, l’échec et la mort. D’autre part et surtout, il ne reste pas dans sa flaque poisseuse sur le Rocher, le faible mais courageux narrateur. Il remonte, reconstitué, Phoenix, plein de vie. Drames, malheurs et destins brisés sont restés en bas, au fond du gouffre. Ça fait plaisir. On repose le livre avec tous les autres, on va boire un verre en terrasse et on se dit que, finalement, tout va bien.

Ph. Jaenada

 

 

Quelles actrices ont bon goût ? A coup sûr, Mélanie Laurent et Emilie Dequenne...

             

Webmaster/Rédactionnel : David Desvérité
www.jaenada.com V2, Oct. 2005

Merci à Philippe pour son aide et sa disponibilité